Fondateur, fondatrice : s'inspirer pour innover
• Épisode
3

Les cheffes d’entreprise sont dans la place !

Les cheffes d’entreprise, plus jeunes, plus nombreuses

Les cheffes d’entreprise sont dans la place !

Ok, c’est le sujet « casse-gueule » par excellence : bourré de clichés, de caricatures et de préjugés… 


Mais je ne pouvais pas faire l’impasse ! D’abord parce que les chiffres donnent le tournis. 40% des micro entreprises créées en 2015, l’ont été par des femmes. En 2017, ce sont pas moins de 30% des entreprises françaises qui sont créées, puis dirigées, par des femmes.  72% des dirigeantes étaient Bac+5  (entre le master et le doctorat) contre 62% de leurs homologues masculins (62%). Enfin, l'Observatoire BNP Paribas de l'entrepreneuriat féminin note que la moyenne d’âge d’entrepreneurs baisse toujours, entre 24 et 35 ans désormais pour les femmes créatrices d’entreprise. 


On assiste donc à un véritable tournant : des femmes jeunes et même très jeunes, se lancent massivement dans l’entrepreneuriat. Chez Ignition, on ne lève même pas un sourcil. Blasés. Forcément… Notre start up a été fondée il y a cinq ans par Caroline Pailloux. Et si notre CEO se sent encore un peu la seule femme sur les estrades lors des conférences où elle intervient, pour elle, cette arrivée massive de dirigeantes et d’entrepreneuses a quand même déjà un impact sur la société.


 Et ce n’est qu’un début. Alors ne zappez pas, ne serait-ce que parce que dans les années qui viennent, vous avez de grandes chances de travailler dans une société fondée et/ou dirigée par une femme. 



Cheffes d’entreprises, pourquoi elles se lancent


Des entrepreneuses, vous en connaissez plein.

Pendant des décennies, la réussite dans l’entrepreneuriat féminin s’est résumée à 5 ou 10 noms, que la presse sortait systématiquement de son chapeau, quasi exclusivement à date anniversaire (vous devinez ? le 8 mars, journée de la femme). Toujours les mêmes dirigeantes connues (Anne Lauvergeon, Liliane Bettencourt, Laurence Parisot etc…), en charge de jouer le porte étendard toutes les autres. Il existait bien sûr une foule d’autres cheffes d’entreprises, mais presque aucune visibilité médiatique. Elles semblaient n’intéresser personne, à part dans les numéros spéciaux « diversité ». C’est dire…

Tout cela a bien changé. Aujourd’hui, pas besoin de réfléchir plus de 2 minutes pour trouver quantité d’exemples de créatrices d’entreprises, successfull et bien visibles. Comme Caroline Goulard, fondatrice de la start up Dataveyes, qui valorise des informations inexploitées. Ou Valérie Abehsera, co créatrice de Balinea.com, site de réservation en ligne de soins beauté & bien-être, leader en France. Ou encore, Céline Lazorthes, fondatrice de Leetchi, leader français de la cagnotte en ligne. Et Rachel Delacour, entrepreneuse à l’origine de de l’une des pépites de la tech française, « BIME », rachetée 45 millions de dollars il y a 2 ans par Zendesk. Mais aussi Fany Pechiodat de My Little Paris. Et aussi Charlotte Cadé (Sélency), Meryl Job (Videdressing), Mathilde Lacombe (Birchbox, Aime), Alice Zagury (The Family), Rania Belkahia (Afrimarket), Pauline Laigneau (Gemmyo), Julia Bijaoui (Frichti), Marjolaine Grondin (Jam), Raodath Aminou (Optimiam)… Ces marques et leurs fondatrices trustent aujourd’hui les réseaux sociaux, Twitter, LinkedIn, Instagram, la presse, le Web. Comme des milliers d’autres, elles se sont engouffrées dans le sillon péniblement creusé par leurs brillantes ainées. Leur nombre, ainsi que les levées de fonds réalisées par ces dernières, ne cessent d’augmenter. Tandis que les réseaux et formations dédiés à l'entrepreneuriat féminin fleurissent tels que Girlz in Web, Starther ou encore "Femmes Entrepreneurs". 


Cheffes d’entreprises : la génération Y, génération booster


Cette génération qui se lance ainsi à corps perdu dans l’entrepreneuriat, c’est la génération Y ! Celle des digital natives, ces créatifs qui considèrent le travail comme un moyen de se réaliser : première génération à avoir grandi avec des écrans, à avoir bénéficié de la révolution numérique et d’une démocratisation technologique sans précédent. Ces Y, ainsi dotés d’une bonne capacité d’adaptation, d’une facilité d’apprentissage, et d’une folle envie de partage, ont fait tout simplement sauter les anciens verrous aspirationnels. En s’affranchissant de la loyauté absolue à l’entreprise que prônait leurs aînés, ils réinventent le monde de l’entreprise à leur image. Aujourd’hui,  les Y et les X , ces fameux millénials, dessinent les contours d’une nouvelle société, dans laquelle les femmes ont beaucoup plus de place. Selon une étude menée par OpinionWay en 2018 pour l’Union des auto-entrepreneurs, 51% des femmes de la générations X se disent prêtes à créer leur entreprise contre 39% des femmes de plus de 30 ans. Et si ces nouvelles dirigeantes se cantonnent encore un peu trop au conseil (1/3 des sociétés créées par des femmes), au service aux ménages (1/4) et au commerce (1/5), elles font maintenant des percées remarquées dans les domaines industriels, qu’il s’agisse de création d’entreprise, ou de financement. Sky is the limit…


Le leadership féminin, (presque) la fin d’un mythe


Changement d’époque, ces nouvelles jeunes entrepreneuses considèrent leurs aînées comme prisonnières d’un système archaïque, où pour se faire une place au soleil, elles devaient se montrer fortes, puissantes ou dominatrices. La fameuse «  femme des années 80, ayant réussi l’amalgame de l’autorité et du charme ». « Exit le leadership masculin incarné par l’action, le mouvement, le pouvoir, la pensée rationnelle, et son miroir inversé le leadership féminin, basé sur la sensibilité, l’émotion, l’intuition, l’empathie, la collaboration, décrypte Caroline Pailloux, fondatrice d’Ignition Program. Aujourd’hui, la société change vite. Le leadership, c’est désormais un goût assumé pour l’aventure entrepreneuriale, pour le nomadisme, une envie de se réinventer, une quête de sens, de solutions, une humilité face aux compétences qui se périment vite, un appétit intact pour la formation, pour les nouvelles technologies. Alors oui, on m’a demandé une fois si mon mode de management pouvait être qualifié de « management type maman » ou de « requin ». Preuve qu’on a du mal à sortir des clichés. Reste que les jeunes générations ont bien compris qu’un dirigeant d’entreprise, homme ou femme, ne peut plus être soit dans l’action soit dans l’empathie. Il/elle est tout à la fois. Et porte ses valeurs, sa passion pour le développement, la connectivité, la transparence et l’authenticité. » 



Les cheffes d’entreprise vont faire sauter le plafond de verre


Si les femmes montrent un tel appétit pour l’entrepreneuriat, c’est qu’elles n’ont pas grand-chose à y perdre. En 25 ans de débats sur la parité et sur l’égalité salariale, le plafond de verre qui bouche l’horizon des femmes, a à peine bougé. Seule la révolution numérique semble avoir permis aux entrepreneuses millenials, d’être enfin seules responsables de leur parcours, de leur progression et de leur impact. Cela faisant, elles entraînent avec elles toute la société. 


Les mumpreneurs concilient mieux travail et vie de famille


Si le statut de cheffe d’entreprise séduit autant, malgré la charge mentale qui pèse encore sur les femmes, c’est sans doute parce que - maîtres de leur agenda, elles peuvent enfin ajuster les contraintes de leur vie pro et de leur vie de famille. Un pari encore risqué pour les simples salariées. 

46% des femmes estiment plus simple de concilier vie familiale et vie professionnelle en tant que dirigeante d’entreprise. « La flexibilité que l’entreprise n’a pas su leur offrir, elles ont décidé de la conquérir à leurs risques et périls, explique Caroline Pailloux. La culture d’entreprise, à la traîne, ne permet toujours pas aux femmes de vivre pleinement leur vie professionnelle sans avoir à choisir entre mère ou carrière. Les mumpreneuses sont le fer de lance de ce changement des mentalités. En travaillant plus, elles ont au moins la chance de pouvoir adapter leur agenda à leurs contraintes privées. Mais a contrario, il est, pour l’heure, plus simple pour une salariée de faire un bébé : une entrepreneuse enceinte qui prend son congé maternité risque de perdre ses droits, si elle envoie un seul email pro pendant sa période de congé maternité. Surtout, comment déléguer pendant plus de 3 mois des décisions qui engagent des dizaines de salariés ? Pour les entrepreneuses, même avec des congés parentaux tops, il est souvent difficile ou impossible de s’arrêter de bosser après l’accouchement.  Reste que les lignent bougent. Récemment, on a vu une députée suédoise allaiter à l’assemblée. Bientôt dans un conseil d’administration ? Un grand pas sera fait quand on trouvera normal qu’un homme annule une réunion parce qu’il prend soin de son nourrisson ou qu’il doit assister à un conseil de classe, sans se demander pourquoi ce n’est pas sa femme qui y va plutôt que lui. C’est à chacun de définir son rôle dans la famille et dans le boulot, et non à la société. » 


La fin du patriarcat


Mea culpa pour ce mauvais jeu de mots, mais si le changement est en marche, il n’est pas pour maintenant. On le sait bien : on ne coopte que des gens qui vous ressemble. Et les conseils d’administration sont encore essentiellement masculins. Difficile pour une femme d’y faire son trou. « Souvent, dans les évènements professionnels d’entrepreneurs dans lesquels je me rends, nous sommes 3 femmes pour plus de 50 personnes, raconte Caroline. Et sans faire de généralité, cela m’a quand même valu quelques expériences ubuesques. En clair : tu es à un apéro d’entrepreneurs, le soir, tu es une femme, tu es blonde, les mecs font ce raccourci immédiat que tu es disponible. Le business angel qui te reçoit ne peut te voir étrangement que le soir et dans un bar de lover. Sans compter la vieille condescendance patriarcale, le petit sexisme ordinaire qui rabaisse. Un président de jury, lors d’un pitch, qui me dit : « Vous avez passé 10 ans chez Cap Gemini ? Ils recrutent à la fin du collège ? » « Je lui réponds, « Heureusement, c’était pour faire le café ». Une des femmes du jury ponctue d’un « Tu l’as bien cherché ! ». Mais trop tard. Tout le monde était mal à l’aise. Surtout moi qui avais pourtant une présentation à faire et un jury à convaincre. Et c’est là toute l’ambiguïté dérangeante : il n’y avait aucune méchanceté à faire un compliment un peu maladroit sur mon âge. Mais c’est comme faire un compliment sur une robe, c’est nul, ça n’apporte rien, et on ne le ferait pas pour un homme. Ce qui est génial c’est que mon associé présent était furieux. Il m’a dit « Tu as bien fait de lui répondre, il faut empêcher ces sexistes de nuire, ils sont d’un autre âge ». Heureusement, très bientôt les réussites rapides de jeunes femmes vont sonner le glas de cette ère paternaliste. On ne peut pas adopter un ton condescendant avec une jeune entrepreneuse qui pèse des millions… De plus, MeeToo a achevé de libérer la parole. La honte a changé de camp. Tout est au vert pour que les femmes prennent leur vraie place ! C’est à nous, les entrepreneuses de creuser le sillon pour la génération qui vient. Depuis peu, j’organise des réunions exclusivement de femmes au sein d’Ignition, pour qu’elles puissent exprimer librement les difficultés qu’elles rencontrent. Pour que leur spécificité au travail soit pleinement reconnu et qu’elles puissent donner leur vraie mesure. »

Camille L.

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