Techs et télétravail : les techs rois du remote ?

Confinement 2020 : environ 5,2 millions de Français ont été plongés en télétravail du jour au lendemain. Parmi eux, les talents techs, déjà pionniers et champions de l’agilité en pleine croissance, ont fait la preuve de leur très grande adaptabilité et de leur incontournable utilité pendant le remote forcé.

 

Travaillant souvent plus que d’autres (à 80% ou 100% de leur temps de travail habituel versus 0% à 50% pour les autres métiers), et bénéficiant d’un fort investissement de l’entreprise, même quand le business est au point mort, les Techs tirent mieux leur épingle du jeu. Quelles que soient leur fonction, ou la taille de leur entreprise…

 

 

Métiers Tech : extension du domaine du remote

 

Le modèle Automattic : la possibilité du vide

 

La Silicon Valley n’a pas attendu le coronavirus pour s’y mettre : depuis quelques années déjà, le full remote n’est plus considéré comme un obstacle à la réussite et fait même de plus en plus d’adeptes, particulièrement dans les métiers techs. Et le profil de ces employeurs se diversifie – qu’il s’agisse de startups de moins de 10 personnes ou de licornes valorisées à plus d’un milliard de dollars.

 

A la tête de ce mouvement atypique, on trouve une entreprise née dans les années 2000 : Automattic, la société éditrice de WordPress, aux 850 salariés basés dans une cinquantaine de pays. A l’origine, les employés avaient le choix entre travail à distance ou sur place dans des bureaux organisés en espaces de co-working. Mais devant des locaux laissés finalement vacants le plus clair du temps, Automattic saborde finalement ses bureaux de San Francisco en 2017. Basculant ainsi dans le full remote. Un acte fondateur pour certains entrepreneurs, qui lui ont emboité le pas. Comme Frédéric Plais qui dirige Platforms.sh, une société lancée en 2014, spécialisée dans le cloud B to B, composée d’une équipe de 135 personnes dans 17 pays et présente sur plusieurs fuseaux horaires. Pas de locaux. 100% des salariés en télétravail.

 

Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que les effectifs d’entreprises comme Automattic ou Platform.sh sont composés pour les deux tiers d’ingénieurs, parfaitement adaptés à la culture numérique, rompus à une utilisation massive des outils collaboratifs, rôdés aux délais courts et aux équipes minimalistes. Des qualités qui ont érigé ces profils techs en véritables pionniers de l’agilité par temps clair.

 

Mais ces atouts se sont également révélés à l’épreuve des balles lors du confinement lié au coronavirus…

 

Ignition Program : nos candidats et clients techs à l’épreuve du remote

 

Ignition Program a mené l’enquête auprès de nos candidats techs récemment placés et de nos entreprises partenaires durant le confinement, afin de prendre le pouls dece remote forcé. Il en ressort que loin du chômage partiel, les métiers techs, eux, tournent à plein régime, véritables piliers indéboulonnables de l’entreprise. Et ce même quand le business est à l’arrêt…

 

« Tous nos candidats techs, rouages essentiels des entreprises, sont restés à 80% et 100% de leur temps de travail durant le remote, note Laure Daougabel, Tech Program Manager chez Ignition Program. Et contrairement à d’autres métiers, ils ont plutôt apprécié cette période. Avec une road map produit inchangée, des méthodes de travail agiles, type scrum, une meilleure rapidité sur le développement grâce à une forte baisse des bugs, et une activité directement déployée sur le serveur, ils ont pu aborder ce nouveau contexte avec moins de stress et plus de fun et d’efficacité que les Sales et les market. C’est le paradoxe : dans un environnement business plutôt anxiogène, les techs ont plutôt mieux bossé que les autres. Avec un mindset « travail en solo » tout à fait adapté. »

 

D’après Laure Daougabel, le remote n’a rien changé pour les candidats interviewés : les journées des techs ont été identiques, voire même encore plus productives quand les startups ont été en mesure de conserver un lien social fort via des visios régulières et une communication fluide.

 

Plus étonnant, Laure a retrouvé le même enthousiasme chez des candidats techs en onboarding au moment du remote. Propulsés en télétravail, sans avoir tous les codes de l’entreprise, ces petits nouveaux ont passé cette épreuve du feu sans encombre. Comme Daniel Rybakov, Lead Front chez Tankyou, en full remote dans le sud, où il a travaillé à 100%, en solo, avec une organisation qu’il a trouvée plus productive. Ou comme Emna Ben Achour, Engineer Manager chez Alkemics, une plateforme de collaboration pour les industriels et les distributeurs qui travaille principalement avec des supermarchés. Un secteur pourtant à flux tendu durant le confinement. La jeune femme a pu répondre aux problématiques critiques de grands clients, seule, après seulement 3 jours d’onboarding dans les locaux, grâce à un point hebdomadaire avec son manager. On vient de lui confier le management de 2 personnes de son équipe ! 

 

« Même dans les business au point mort, le métier tech a, au pire, juste pivoté, note Laure. Comme pour Simon Bruneaud, Dev Full-Stack chez Snapshift, qui a, de façon temporaire, abandonné de nouvelles features produit pour s’occuper de réduire la dette technique. Pour d’autres, comme Ruslan Kassimov, CTO chez Popchef, l’arrêt du business a, a contrario, permis un meilleur focus sur le produit et la tech. Celle-ci basculant alors de simple support à véritable levier de croissance durant cette crise. Popchef vient d’ailleurs de finaliser le recrutement d’un développeur, recrutement débuté pendant le confinement. Cerise sur le gâteau pour notre client : avec un trafic réduit sur la plateforme, il a pu mettre à jour toute son infrastructure en une journée ! »

 

Chez nous aussi, les techs ont relevé de nouveaux défis en remote

 

Au sein d’Ignition Program, nos équipes Tech font exactement le même constat que nos clients et candidats recrutés. « J’ai adoré cette période et on n’a jamais été aussi productif qu’en full remote, assure Elsa Szymczak, Full-Stack Developer. On a pu se concentrer au maximum sur les nouvelles features qu’on a sorti en prod pour quelques bêta testeurs, puis, deux semaines après, pour le reste de l’équipe. Donc pendant un mois, on n’a pas touché au code existant, et les équipes étant à 20%, nous n’avons essuyé que très peu de bugs. Ce qui nous a permis d’être hyper efficaces sur les objectifs du sprint. Le fait de ne pas être en open space m’a, à titre personnel, énormément aidé à me concentrer davantage. Par ailleurs, nous avions un challenge de crédibilité à relever aussi : la team tech voulait prouver au reste de l’équipe qu’elle était légitime à travailler à 80% du temps de travail, et non à 20% comme les autres. Ça nous a énormément boosté ! »

 

 

 

Remote : pourquoi les métiers Techs s’en sortent mieux ?

 

Qu’importe la localisation, pourvu qu’on ait le talent

 

Rouages essentiels de la startup, dotés d’un mindset souple, d’une bonne autonomie en télétravail, familiers des outils collaboratifs et des équipes réduites, les talents techs ne subissent pas la crise. Ils surfent même allègrement sur le nouveau credo des recruteurs et employeurs : qu’importe la localisation, pourvu qu’on ait le talent ! D’un côté, les entrepreneurs qui ciblent des compétences en télétravail s’affranchissent des problèmes récurrents de recrutement - il est plus difficile d’embaucher sur un secteur très localisé - ou de fuseaux horaires. Et se paient le luxe de puiser dans un vivier mondial, pour faire face à la pénurie de talents. De l’autre, les techs voient leur champ des possibles s’élargir considérablement.

 

« C’est win-win, résume Laure Daougabel. Avec leur grande souplesse et leur bonne gestion du stress, les techs peuvent organiser eux-mêmes leur temps de travail, en fonction d’une deadline donnée. Pour l’employeur, que des lignes de code soient entrées à 12 h ou à 3 h du matin, ne change rien, tant que la maintenance reste joignable aux heures ouvrables. »

 

Les Techs s’épanouissent dans un modèle d’organisation exigeant

 

Reste que pour séduire et conserver ces profils essentiels et atypiques, les entreprises ont intérêt à toujours mieux calibrer leur organisation. Zoom, Hangout, Slack, WhatsApp… Aujourd’hui, la vraie question n’est plus de savoir quels outils technologiques choisir pour échanger au sein de l’équipe, mais plutôt comment bien les utiliser. Les techs sont pointilleux sur l’efficacité des échanges. Si Slack peut permettre de conserver un lien d’équipe, d’instaurer des rituels, un talent tech appréciera la diversification des groupes spécifiques de discussion au-delà des sujets fonctionnels, ou l’utilisation de la fonction "start a thread" pour répondre directement à un message en privé sans alourdir le fil de discussion général.

 

 

« Avec le remote du coronavirus, les techs ont montré qu’ils étaient un maillon essentiel de l’entreprise, note Laure Daougabel. Les recrutements à venir montrent qu’ils ont un boulevard devant eux. »

 

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